Les Terres Australes & Antarctiques Françaises (TAAF)

Île de la Possession

Levée de soleil sur l’île de la Possession, archipel de Crozet – © B. Marie

Statut

Les TAAF sont, en vertu de la loi du 6 août 1955, un Territoire d’Outre-mer doté de l’autonomie administrative et financière. Le siège de la collectivité est installé depuis 2000 à Saint-Pierre de la Réunion. Les TAAF sont placées sous l’autorité d’un préfet, administrateur supérieur, qui représente l’État français en même temps qu’il remplit les fonctions d’exécutif local en tant qu’administrateur supérieur du territoire. Le territoire est subdivisé en circonscriptions administratives dénommées districts à la tête desquels sont nommés chaque année des chefs de district, qui assurent l’encadrement des équipes ainsi que le suivi et la coordination des actions menées sur place. Les TAAF administrent 2,39 millions de km² de Zones économiques exclusives (ZEE), soit la deuxième ZEE de France après la Polynésie française.

La France exerce sa souveraineté dans 3 contextes différents :
– dans les îles Éparses, par une garnison militaire et une mission météo ;
– dans les Îles Australes (Amsterdam et Saint-Paul, Crozet, Kerguelen), par la présence de bases occupées en permanence et par une surveillance de l’immense zone économique de 200 milles nautiques qui entoure ces îles ;
– sur la Terre Adélie, la souveraineté française s’exerce dans le contexte du Traité international de Washington de 1959 qui a gelé toutes les revendications territoriales et affirmé la liberté de la recherche scientifique sur tout le continent, classé en tant que « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Les Terres australes et antarctiques françaises représentent une situation unique pour la France avec la présence de ces territoires extrêmes sur un gradient latitudinal exceptionnel qui s’étend du 13e parallèle sud (les îles Glorieuses) jusqu’au pôle sud : ce gradient couvre plus de 80 % de l’hémisphère Sud !

Géographie

Les TAAF regroupent l’archipel de Crozet, l’archipel des Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam, la Terre Adélie sur le continent Antarctique et, depuis 2007, les îles Éparses, chapelet d’îles tropicales comprenant : les Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India dans le Canal de Mozambique, et Tromelin au nord de la Réunion (voir articles sur chacune des îles pour plus d’informations).

Biodiversité

Les îles Éparses disposent d’un patrimoine biologique terrestre et marin remarquable. Leur végétation demeure quasi originelle, disparate d’une île à l’autre : totalement absente à Bassas da India, elle est assez luxuriante à Europa, qui abrite notamment une forêt d’euphorbes et une mangrove. Si les Glorieuses sont riches en cocoteraies (installées pour exploitation au cours de ses précédentes occupations), Juan de Nova est bordée de filaos, et Tromelin se compose essentiellement d’herbacées et d’arbustes. Ces îles coralliennes abritent une biodiversité exceptionnelle et spécifique : Juan de Nova héberge par exemple plus d’un million de couples de sternes fuligineuses, soit la plus grande colonie de tout l’océan Indien. Les plages des îles Éparses sont des lieux de pontes importants pour les tortues vertes, et des lieux important de nourrissage pour les juvéniles de cette espèce de tortues marines ainsi que pour une autre espèce, les tortues imbriquées. Ces deux espèces sont menacées et protégées au titre de conventions internationales (figurent sur la liste rouge de L’IUCN). Les eaux des îles Éparses sont fréquentées par des mammifères marins relativement sédentaires, tels que les dauphins ou les baleines à bec, mais également par de grands cétacés migrateurs comme les baleines à bosse. En 2012, fut créé le Parc Naturel Marin des Glorieuses, contigu au Parc Naturel Marin de Mayotte, ils forment désormais un vaste espace de préservation du patrimoine biologique marin.

À plus de 2000 kilomètres de tout continent, les îles Australes sont marquées par un isolement extrême et des conditions climatiques spécifiques qui ont contribué au développement d’un fort taux d’endémisme et à des adaptations singulières de la faune et de la flore. Le patrimoine biologique encore presque intact de ces îles océaniques est d’une richesse considérable. Ainsi, les îles Crozet abritent la communauté d’oiseaux de mer la plus abondante au monde, avec 25 millions de reproducteurs par an, et les manchots royaux forment des colonies pouvant atteindre plus d’un million d’individus. Afin de préserver ce patrimoine biologique inestimable, la réserve naturelle nationale des Terres Australes françaises fut créée en 2006. Couvrant, dans le Sud de l’océan Indien, une superficie terrestre d’environ 700 000 hectares et un territoire marin de 1 570 000 hectares, elle est de très loin la plus grande réserve de France et la plus grande zone humide protégée d’Europe (convention RAMSAR).

La Terre Adélie est marquée par une forte concentration d’espèces protégées d’oiseaux, de mammifères marins et de cétacés : pétrels, manchots, phoques, orques, rorquals… Le continent Antarctique abrite peu d’espèces d’oiseaux mais les populations sont souvent très importantes. La pointe Géologie accueille neuf espèces reproductrices représentées par 70 000 couples dont 40 000 de manchots Adélie. Cinq espèces de pétrels y sont également représentées, dont l’une des deux colonies de pétrels géants se reproduisant sur le continent.

Textes : © S. Légeron

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